Le malentendu fondamental autour du rôle du CODIR
Dans de nombreuses organisations industrielles, le CODIR est officiellement présenté comme l’instance suprême de décision. Dans la réalité il fonctionne le plus souvent comme un lieu de diffusion d’information :
Les décision y sont évoquées mais peu formalisées. Elles sont rarement arbitrée et encore plus rarement suivies.
👉 Le problème n’est pas la qualité des dirigeants, mais la conception du système de gouvernance.
Le CODIR « informatif » : une dérive struturelle
Un temps consommé par le reporting
Dans beaucoup d’entreprises, le CODIR est structuré autour des tours de table, des présentations PowerPoint, des indicateurs commentés et des points d’information par fonction. Le CODIR est informé, conscient des problèmes mais il est incapable d’agir collectivement. Le CODIR décrit le réel mais ne le régule pas
Une illusion de pilotage
Parler d’un sujet n’est pas le piloter. Parler n’est pas décider. Décider n’est pas arbitrer. Arbitrer n’est pas suivre. Suivre n’est pas tenir.
👉 Sans décision formalisée et suivie, l’organisation reste livrée à l’urgence.
Pourquoi les décisions ne tiennent pas
Les décisions implicites sont rarement formalisées
Dans beaucoup de CODIR, les décisions sont :
- suggérées,
- évoquées,
- “validées à l’oral”
- laissées à interprétation.
Sans :
- une formulation claire,
- un responsable identifié,
- une échéance explicite,
- des critère de succès
- un arbitrage visible
👉 Une décision implicite est une non-décision.
Absence de mémoire collective
Même lorsque des décisions sont prises, le problème majeur est qu’il n’existe aucun système robuste pour le suivre. Conséquences :
- les décisions disparaissent entre deux réunions,
- les actions se fragmentent dans différents tableaux,
- chacun repart avec “sa” version de la décision,
- le CODIR n’a plus de mémoire collective.
👉 Un CODIR sans mémoire est condamné à recommencer éternellement les mêmes discussions
Décisions déconnectés de la capacité réelle
Très souvent, les décisions sont prises sans tenir compte de la capacité réelle du système :
- charge des équipes,
- maturité managériale,
- compétences disponibles,
- projets déjà en cours.
Résultat : la décision est techniquement juste mais impossible à tenir.
👉 Décider sans regarder la charge, les compétences et les projets en cours condamne la décision.
Le vrai rôle du CODIR : réguler
Le CODIR comme organe de régulation
Dans une approche systémique, le CODIR n’est pas là pour tout savoir.
Il est là pour :
- arbitrer,
- prioriser,
- réguler la charge,
- protéger l’organisation de la dispersion.
Décisions déconnectées de la capacité réelle
Un CODIR robuste distingue clairement ce qui relève de l’information (asynchrone) et ce qui relève de la décision (synchrone).
Cela suppose :
- des supports préparés en amont,
- une lecture préalable,
- un temps de réunion consacré exclusivement à :
- arbitrer,
- décider,
- suivre.
👉 L’information n’a de valeur que si elle alimente une décision.
Le point clé : le suivi des décisions
Pas de plan d’action unique CODIR
Dans beaucoup d’organisations :
- chaque fonction a son plan,
- chaque projet a son suivi,
- chaque site a ses tableaux.
Mais le CODIR n’a pas de référentiel unique.
👉 Sans plan d’action unique (PAU) :
- les décisions se diluent,
- les priorités se brouillent,
- le suivi devient impossible.
Le suivi comme mécanisme de protection
Le suivi n’est ni du contrôle ni de la défiance :
Il permet :
- d’identifier tôt les blocages,
- d’ajuster la décision,
- de réarbitrer si nécessaire,
- d’éviter que le terrain compense en silence
👉 c’est un mécanisme de régulation et d’apprentissage.
Les 5 principes GXG d’une gouvernance robuste
Principe 1 – Redéfinir explicitement le rôle du CODIR
Un CODIR doit répondre à 3 questions :
- Qu’est-ce qui relève du suivi ?
- Qu’est-ce qui relève de la décision ?
- Qu’est-ce qui relève du suivi ?
Tant que ces règles ne sont pas claires, le CODIR dérive.
Principe 2 – Installer un plan d’action unique CODIR
Chaque décision doit être traduite en :
- une action claire,
- un responsable,
- une échéance,
- un critère de réussite.
Et surtout : le PAU est revu systématiquement en début de CODIR.
Principe 3 – Rendre visible la capacité du système
Avant toute décision :
- quelle charge ?
- quelles compétences ?
- quels projets en cours ?
- quels renoncements ?
Décider, c’est aussi choisir ce qu’on ne fait pas.
Principe 4 – Rythmer la gouvernance
Un CODIR efficace fonctionne avec :
- une cadence stable,
- un ordre du jour constant,
- un temps dédié au suivi,
- un temps dédié aux arbitrages.
La stabilité crée la tenue.
Principe 5 – Travailler la posture collective
Un CODIR est une équipe sans :
- confiance,
- confrontation saine,
- engagement collectif,
- alignement réel,
… le suivi se délite, chacun reprenant ses priorités locales.
Bénéfices observés
- décisions tenues dans le temps
- baisse de l’urgence chronique
- managers plus autonomes
- performance plus stable
- organisation plus lisible
Un CODIR efficace n’est pas celui qui parle le plus. C’est celui qui décide peu, suit systématiquement et ajuste avec lucidité
👉 La gouvernance est un levier stratégique majeur de la performance durable. C’est l’un des piliers de l’excellence opérationnelle systémique portée par GXG Consulting.

